Assez d'actes, des paroles!!

Affichage des articles dont le libellé est Ennahdha. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ennahdha. Afficher tous les articles

lundi 23 septembre 2013

Jihed ennike7, est si c'était (aussi) ça la liberté de disposer de son corps

Depuis les dernières déclarations du ministre de l'intérieur, l'inégalable Lotfi BenJeddou, le sujet du Jihed ennike7 est revenu à la une.
Et comme tout sujet qui touche à la sacro-sainte sexualité féminine, les passions se sont déchaînées.
On a eu droit à tous les sons de cloche, mais essentiellement au mépris de ces jeunes filles.
C'est vrai qu'il s'agit essentiellement de filles issues du sous-prolétariat, et que les médias peuvent  légitimement au mieux les prendre pour des connes et au pire pour des putes.
J'aurais aimé, pour le panache ou par conviction, que quelqu'un dise que ces filles sont majeures ( du moins, pour les cas révélés) et que se faire prendre à la chaîne par des mecs en Qamis faisait partie intégrante de leur liberté individuelle.
Même vulnérables, même manipulées ou embrigadées, on ne peut factuellement rien reprocher à ces filles ( à part si on n'aime pas les partouzes, mais dans ce cas, il s'agira d'un jugement moral).
Les bads boys ( el5aleye9 bel3arbi) ont toujours eu leurs groupies ( relire Naguib Mahfoudh par exemple), et dans notre phase actuelle, le rebelle ultime, le salaud indéfendable est le Djihadiste.
Ce que ces filles ont fait n'est donc ni inouï, ni inexplicable.
Bref, ces filles font l'amour pas la guerre.
Flower power!!

lundi 18 février 2013

L’homo-Islamicus est mal parti


L’année qui vient de s’écouler en Tunisie, sous l’égide d’un gouvernement dominé par Ennahdha aura au moins servi à une chose : déniaiser l’électeur/sympathisant/adhérent/militant islamiste, individu qu’on nommera par commodité « homo-islamicus » - ne pas traduire en 5wenji miboun, quoi que le doute soit permis.
Bref, poussé par des considérations identitaires (défendre l’identité du pays face aux méchants libéraux francisés), transcendantales (L’islam est la solution) ou  revanchardes (non au retour du RCD) ; l’homo-islamicus s’est précipité – barbe/voile au vent- de glisser le Bulletin d’Ennahdha dans l’urne.
L’ensemble de ses motivations semblant donner une cohérence globale au projet de société qu’il espérait.
Le voilà donc triplement cocufié, par ceux là mêmes en qui il espérait tant.
Le gouvernement tente certes de limiter l’influence culturelle française (assimilée à l’héritage de Bourguiba), mais c’est simplement pour mieux livrer le pays au Wahhabisme le plus retrograde, encore plus étranger à nos sacro-saintes mœurs, ainsi qu’à l’appétit d’extension turque, encore nostalgique de son hégémonie ottomane.
L’homo-islamicus se retrouve donc entrain de beugler contre les Etats-unis, tout en se soumettant intégralement à leur sous-traitant Qatari.
L’homo-islamicus s’indigne de la colonisation de la Palestine, de l’Apartheid que subissent les palestiniens sur leur propre terre, tout en votant pour un parti qui refuse de dresser une digue constitutionnelle contre la normalisation avec l’état hebreu.
L’homo-islamicus voit en tout parti autre que Ennahdha une réminiscence de l’ancien régime, une violetisation de la vie politique, alors que son parti refuse obstinément d’exiger (comme tout gouvernement légitime à la tête d’un état souverain) de ses « amis » du Golfe l’extradition de Ben Ali, de Leila ou même de sa56 elma6ri.
Voilà donc nos gouvernants islamistes faisant la chasse aux b3abes Kabbar de l’ancien régime, tout en signant une trêve avec ses figures les plus illustres ( Hédi Jilani …)
L’hom-islamicus est donc mal-parti, il finira par se rendre compte de l’énorme imposture et évoluera naturellement en Homo-tunisianus…

jeudi 20 décembre 2012

"A quoi revent les loups ?", ou comment devient on un djihadiste



Le thème :
"Alger - fin des années 1980.
Parce que les islamistes qui recrutaient dans l'énorme réservoir de jeunes gens vulnérables ont su l'accueillir et lui donner le sentiment que sa vie pouvait avoir un sens ;
parce que la confusion mentale dans laquelle il était plongé l'a conduit à s'opposer à ses parents, à sa famille, à ses amis et à perdre tous ses repères ;
parce que la guerre civile qui a opposé les militaires algériens et les bandes armées islamistes fut d'une violence et d'une sauvagerie incroyables, l'abominable est devenu concevable et il l'a commis. "(4 ème de couverture)


Le roman raconte la lente bascule vers l’intégrisme d’un ragazzo de la casbah d’Alger, vivant de débrouille et de petits métiers, espérant percer dans le cinéma.
Ayant trouvé un boulot de chauffeur – homme à tout faire- chez une famille de la grande bourgeoisie d’Alger, il se retrouve mêlé malgré lui au meurtre d’une adolescente camée aux mains du fils de son patron (une sorte de Imed Trabelsi).
Dégouté, il quitte son travail et se met à fréquenter la mosquée du coin.
Il commence comme coursier pour le compte des imams locaux avant d’être intégré aux cellules d’action terroriste et finir par prendre le maquis et égorger des villageois au petit déj.
Le livre décrit merveilleusement la montée de fièvre islamiste, la vague barbue qui a envahi alger et soumis ses habitants.
Il démonte surtout le mécanisme de recyclage qui sous couvert de religion, permet à des bandits et des psychopathes de trouver dans la révolution islamique un prétexte pour perpétuer leur mode de vie, fait de vol, de violence et de viol.

Bref, un livre indispensable.

Extraits:

 " - Tant que l'Algérien n'aura pas droit à son statut de citoyen à part enitère, tant qu'on le maintiendra au rang de badaud, tant que l'on continuera, juste pour vérifier qu'il est encore en vie, de lui crier : "Circulez, il n'y a rien à voir", nous ne bougerons pas d'ici.
     La cohue se souleva dans un tonnerre de vociférations.
    - Nous n'irons nulle part. Nous resterons ici dans la rue, de jour comme de nuit. Ilspeuvent toujours nous encercler avec leurs épouvantails de CRS, nous provoquer de leurs fusils et de leur armada de pacotille, nous ne bougerons pas d'ici. Nous leurdirons que nous en avons assez de leur cirque, que nous ne marcherons plus dans leurs combines. Nous ne retournerons vaquer à nos occupations que lorsqu'ils auront compris, une fois pour toutes, que nous ne voulons plus d'eux,que nous sommes assez aguerris pour prendre notre destinée en main sans leur assistance. L'ère pécheresse est révolue.Notre terre est devenue sainte. Leur place n'est plus parmi nous. Puisqu'ils refusent d'emprunter les voies du Seigneur, qu'ils aillent donc au diable.
     Le FIS venait de décréter la désobéissance civile . "        p. 92
(...)
     "D'un autre côté, il commençait à prendre goût aux frissons exquis de la clandestinité, aux risques, à la peur qui le tenait en haleine tandis qu'il flirtait avec le péril, et au soulagement quasiement extatique qui, comme une bouffée d'opium, le submergeait de sensations fortes à l'issue de chaque mission.
     Pour la première fois de sa vie, il se découvrait, prenait conscience de son envergure, de son importance, de son utilité en tant que personne, en tant qu'être.
     Il existait enfin.
     Il comptait.
     Il était fier, convaincu qu'il contribuait à quelque ouvrage grandiose, juste et indispensable."  ....                          p. 160


jeudi 18 octobre 2012

Une grève, Pourquoi faire ?

La grève générale des journalistes est considérée comme un "énorme succès", du moins en terme de personnel ayant suivi le mot d'ordre de la mobilisation.
Et l'unanimité des réactions de soutien me laisse quand même perplexe.
On parle bien quand même des journalistes qui étaient Pro-Ben Ali jusqu'au 14/01.
De ceux qui n'ont pas couvert les "évènements" du bassin minier.
De ceux qui n'ont jamais sorti un Scoop de leur vie, alors que les affaires de corruption, de marchés truqués ou d'enrichissement frauduleux sont légion.
De ceux qui maltraitent la langue Française et encore plus la langue Arabe.
De ceux qui se servent de leurs torchons pour nous faire la leçon et non nous informer.
De ceux qui se contentent de copier/coller des dépêches AFP ( ou des articles parus sur lequipe.fr /lemonde.fr ou aljazeera.net pour les plus malins).
De ceux, qui sous couvert d'appels à la responsabilité et au redressement du pays, n'ont cessé de dénigrer les grèves organisées par les travailleurs en lutte pour leurs droits.
De ceux qui n'ont pour but que de laisser tomber la plume pour aller se faire mousser dans les Talk show mieux rémunérés.
Etre anti-nahdha n'est pas un gage d'indépendance et encore moins de légitimité.
Bref, une corporation dont le membre le plus connu est Samir elWafi ne mérite que mépris et dédain.
Alors, journaleux de merde ... Croupissez dans votre bêtise et votre servilité!!!!

mardi 17 juillet 2012

Victor Hugo Contre Ennahdha

Ah ! je ne vous confonds pas avec l'Église, pas plus que ne confonds le gui avec le chêne.  Vous êtes les parasites de l'Église, vous êtes la maladie de l'Église. […]Vous êtes, non les croyants, mais les sectaires d'une religion que vous ne comprenez pas. Vous êtes les metteurs en scène de la sainteté. Ne mêlez pas l'Église à vos affaires, à vos combinaisons, à vos stratégies, à vos doctrines, à vos ambitions. Ne l'appelez pas votre mère pour en faire votre servante. Ne la tourmentez pas sous le prétexte de lui apprendre la politique ; surtout ne l'identifiez pas avec vous. Voyez le tort que vous lui faites !
petit exercice de style: Remplacer Eglise par Islam.

mardi 27 mars 2012

Ennahdha contre les femmes ?

Etant expatrié, j’ai plus tendance à suivre les infos tunisiennes via les chaines françaises.
Ces dernières ont pris le parti d’axer leurs reportages sur une dualité simple, voire simpliste :
Ennahdha, un parti masculin conservateur, matraquant la société de valeurs islamiques, de pudibonderie et d’incitations liberticides aux bonnes mœurs. En face, des femmes –toujours-, belles et jeunes –souvent, qui résistent et se rebellent au milieu d’une société résignée.
J’ai l’impression que ce prisme est à la fois déformant des faits et rassurant pour les reporters occidentaux.
J’ai surtout souvenir que l’islamisation de la société s’est faite par le bas, à la fin des 90’s avec l’explosion des chaines satellitaires, et avec Amr Khaled – prêcheur télégénique pour midinettes- comme tête de pont.
C’est d’ailleurs à cette période là que le voile est réapparu en force, poussé par le ressentiment des musulmans humiliés par la conjonction d’autres événements internationaux ( le 11/09, l’invasion de l’afghanistan et de l’irak).
Je prétends donc que l’islamisation de la société s’est faite d’abord par les femmes, avant d’être récupérée par les trafiquants de religion qui font office de parti politique.
Je prétends aussi que le score d’ennahdha est encore plus élevé chez les femmes que chez les hommes.
Dans un contexte historique, ceci n’a rien de choquant ou d’anormal.
En effet, dans tous les pays s’ouvrant au suffrage universel, les femmes ont toujours voté pour les partis conservateurs sous l’influence de l’église et des curés (En France jusqu’à mai 68 notamment).